dimanche 24 novembre 2013

Faut-il aller aux urgences ?

C'est le paradoxe des urgences, finalement persone ne sait qui doit aller aux urgences.

Médecine générale et urgences : une confusion des genres ?

Les rapports entre médecine générale et services d'urgences sont ambigus. D'un coté les patients sont adressés par les généralistes pour une prise en charge plus technique à l'hôpital et les médecins généralistes comptent sur leurs collègues de l'hôpital pour prendre la main dans la prise en charge et d'un autre coté, les urgentistes renvoient les patients vers la ville pour poursuivre les examens et les traitements qu'ils ont initiés. Tout le monde travaille main dans la main pour le bonheur de l'humanité avec désintéressement et dévouement.
Ca c'est le bon coté. 
Le mauvais coté c'est l'obsession qu'ont les médecins généralistes de ville que les urgentistes leur ôtent le pain de la bouche en s'appropriant les patients les moins lourds et les subventions qui vont avec. Les  urgentistes médiatiques qui se mettent en scène dans un discours de victimisation n'améliorent pas la situation, puisqu'ils posent les hospitaliers en victime permanente.
 Le mauvais coté c'est aussi l'impression qu'ont les médecins des urgences que les médecins de ville se débarrassent des cas les plus complexes socialement aux urgences, ou se servent des urgences comme un accès au spécialiste par flemme de prendre leur téléphone. Une impression confortée par le fait que ce sont toujours les mêmes qui envoient, tout en oubliant que la plupart des généralistes ne recourrent quasiment jamais aux urgences et se servent de leurs réseaux.
Et si ce n'était que ça, maintenant on se vole les étudiants. Les enseignants de médecine générale interdisent les thèses dirigées par des urgentistes, et les urgentistes ont créé une spécialité qui peut être un jour sera indépendante de la médecine générale. En attendant, on conseille aux futurs urgentistes de cacher leur vocation.

dimanche 10 novembre 2013

Celine Dion ministre de la Santé !

Et si après tout, le lamento ininterrompu des urgentistes était comparable à l'orchestre qui jouait sur le Titanic? Au moins les musiciens savaient que tout était perdu et le navire qui coulait après avoir percuté l'iceberg laissait peu d'illusions quant à son avenir, en tous cas au dessus du niveau de la mer.
Alors devons nous demander aux personnels des urgences de jouer et chanter "plus près de toi mon Dieu?" http://www.youtube.com/watch?v=WnJnWZrK83U&feature=player_detailpage (c'est vraiment tragique, c'est la version d'André Rieu). 
Finalement le système de santé a t-il percuté la modernité ? Et si nos problèmes de financement d'organisation, de renouvellement des personnels et de réponse à la demande des patients étaient en partie la conséquence de l'absence de réflexion sur les changements de notre société.
Il est troublant de constater que les urgentistes médiatiques s'arc boutent sur la fermeture des urgences dans un des plus vieux hôpitaux de France, essayant de conserver une structure ultramoderne et une spécialité neuve dans des bâtiments du 19éme siècle et une histoire du moyen âge (http://www.paris-pittoresque.com/monuments/17.htm), c'est à dire avant l'invention de tout ce qui fait actuellement la médecine.
Pourquoi tout le monde vient-il aux urgences, qui offrent un accueil souvent indigne sinon parce que telles les chaloupes elles accueillent encore tous ceux qui arrivent à monter dedans (bizarrement les urgences pédiatriques et gynécologiques sont encore celles qui tiennent le mieux, les femmes et les enfants d'abord ?). Arrêtons un instant de filer la lourde métaphore et regardons autour de nous l'amont et l'aval des urgences.
La médecine de ville s'interroge t-elle sur la fuite des patients vers l'hôpital? Au delà des réponses habituelles, n'y a t-il pas une impossibilité de répondre à une demande qui s'est profondément modifiée ? Bien sur, il y a les horaires de consultation qui ne correspondent plus à nos habitudes de vie. Mais la perception de la médecine a changé et après des décennies de communication sur les miracles de la médecine et son modernisme, il devient probablement difficile de proposer une consultation classique. 
Peut-on encore demander à un patient de patienter dans la salle d'attente du médecin de ville, généraliste ou spécialiste, puis au laboratoire quelques jours après, puis en radiologie , puis de revenir voir le médecin ? Peut-on encore faire de la médecine avec juste un marteau réflexe et un stéthoscope? (Qu'on ne se méprenne pas. Je pense à titre personnel que oui.) Mais à la fois par une demande plus exigeante et les infinies possibilités d'examens complémentaires, la réponse au niveau de l'individu ne peut être que non. Peut-on expliquer à un patient sa pathologie comme avant alors qu'il a accès à la même information que son médecin avec son smartphone? Et arrêtons de croire que parce qu'il n'a pas fait nos études il ne peut pas comprendre. Peut-on encore envoyer son patient au laboratoire ou chez le spécialiste, au prix de multiples rendez-vous alors que son même Iphone peut lui permettre de doser sa glycémie ou réaliser un ECG (http://profitable-practice.softwareadvice.com/5-medical-peripherals-for-the-ipad-or-iphone-1012612/) ?
Les patients viennent ils chercher aux urgences un médecin meilleur que le leur ? Non, comme en témoignent tous les courriers où les médecins urgentistes sont traités d'incompétents. Ils viennent chercher un environnement technique, environnement dans lequel ils vivent en dehors de l'hôpital.
Après les amis de l'amont, les copains de l'aval.
Les lits d'hospitalisation se sont fortement réduits depuis une vingtaine d'années et seule une politique tarifaire drastique a fait émerger l'hospitalisation de jour.  Il en résulte une compétition entre les patients programmés et les patients en urgence (pas DES urgences). Cette évolution vers l'hospitalisation de jour à marches forcées se fait contre l'avis des médecins hospitalier. On a l'habitude d'hospitaliser en France pour faire le point ou d'autres examens  La question ne se pose jamais en terme de stabilité du patient. Après tout, pour un patient il est probablement plus agréable de rentrer chez soi le soir après 18 h. C'est sur qu'à 18 euros par jour, le forfait hospitalier, le service hôtelier ne peut pas être de qualité. C'est pour cela que les cliniques privées ont développé plus rapidement l'hospitalisation de jour. La place me manque pour pour parler des blocages institutionnels, de la codirection hospitalière avec les facultés qui ont des objectifs différents, etc... 
Mais la dessus, la seule réponse qu'on a de tous cotés (payeurs, médecins, hôpitaux) c'est le financement. Bien sur que c'est le sujet qui est important mais il continuera à l'être non seulement parce que la médecine est un produit de luxe (matériel de pointe ou à usage unique, personnel très formé, pas de possibilité de délocaliser, etc..) mais parce que c'est également une nécessité pour chacun quelque soit son revenu ou son statut social.
Alors à quand, un changement de mentalité, et si les patients et les soignants sont entrés à titre individuel dans le futur (ceci est écrit sur un blog, hébergé sur un serveur aux USA, chargeable depuis n'importe quel ordinateur ou téléphone du monde et espionné par l'ensemble des service secrets du monde, Messieurs les espions si vous pouviez "liker"...), le système est celui des années soixante et le futur est toujours vu comme demain. Non le futur c'est aujourd'hui et en médecine aussi. http://www.youtube.com/watch?v=MULMbqQ9LJ8&feature=player_detailpage

Le choix des lecteurs

voila l'été, voila l'été

Comme d'habitude, ce blog est l'expression de mes opinions personnelles, n'engage que moi et ça suffit déjà bien comme ça. ...