samedi 12 avril 2014

LA cause principale des problèmes des urgences publiques

Cher lecteur,
si vous lisez ce blog, c'est que vous êtes intéressés par le problème de la surcharge des urgences et vu le sujet, il y a peu de chance que vous vous y soyez égarés (non, je n'apparais pas encore dans google trends). Alors, je peux vous le dire, au terme d'une longue réflexion et après des discussions avec des professionnels des urgences, des journalistes, des politiques et des hauts fonctionnaires (une), j'ai enfin la cause, la case de la grille de lecture qui me permet de comprendre enfin pourquoi on ressasse depuis des années les nombreux problèmes des urgences publiques.
Et là, alors que j'écoute La Callas dans Tosca, (je plante le décor), je peux vous annoncer la triste et simple vérité, les différents problèmes que rencontrent les urgences, c'est parce que nous, urgentistes participant au service public, nous sommes des c... stupides et voleurs. Et non seulement je le dis, mais je le prouve par quelques exemples bien choisi et là tu verras lecteur, oui du coup on se tutoie, au terme de cette lecture que j'ai raison (comme le dit toujours ma femme).
  1. Les patients attendent beaucoup plus dans les urgences du public que du privé. J'ai entendu à plusieurs reprises des représentants éminents nous expliquer que les patients étaient les mêmes. Il n'y a pas de raison de croire que c'est faux, alors cette attente pourquoi ? Parce que les médecins du public ne savent pas gérer l'organisation des urgences, c'est évident.
  2. Alors que nos urgences sont surchargées, nous demandons aux pompiers, SMUR et autres services de secours de détourner la patientèle des cliniques privées, si si le lien est là "Ce ‘détournement de patient’ – qui ne dit pas son nom – au profit du secteur public se fait dans un but bien précis : engranger de l’activité et donc des recettes. Il serait plus efficace de mettre en place pour le service public des urgences des logiques de coordination à l’échelle des territoire". 
  3. Et, pire, je connais même des patients adressés à l'hôpital privé, refusés à l'entrée, et arrivés chez nous que nous avons hospitalisé, gardant tout l'argent pour pour nous.
  4. Nos collègues du privé hospitalisent 12% environ de leurs patients et nous le double, pourquoi? De la peur, de l'incompétence probablement. Cette semaine un de mes collaborateurs a bêtement hospitalisé une patiente (en plus vieille) déjà vue ailleurs sans que le diagnostic initial ait été modifié.
  5. Plus grave, des collègues, dont beaucoup sont fonctionnaires, détournent de l'activité en rançonnant des pauvres et des sans papiers, les convaincant de rester aux urgences du public afin d'augmenter les déficits, tout ça pour envoyer des urgentistes pleurer à la télé.
  6. Alors que nos lits d'hospitalisation sont pleins tous les jours et que notre service porte (première hospitalisation) également, nous ne délestons pas, mettant nos patients et nos collègues en danger en toute connaissance de cause (là je ne mets pas de lien, mais j'ai un document de délestage assez rigolo, a posteriori).
  7. Nous volons l'activité des MMG (maison médicale de garde) et autres SAMI en kidnappant les patients de faible gravité les empêchant de se rendre librement dans ces centres ou même chez leur médecin traitant.
  8. Nous ne savons pas différencier les urgences avérées (celle-là elle me faire rire depuis 2 jours et pourtant le MEDEF ce n'est pas des rigolos) et la prise en charge est souvent inadaptée pour les personnes agées (on se demande comment elles arrivent aux urgences). Je vous laisse lire la suite sur ce document.
  9. 99% des médecins urgentistes sont des généralistes et pourtant, nous n'avons pas le droit d'encadrer des thèses de médecine générale, nos internes sont obligés de cacher leur vocation d'urgentiste pour ne pas être gênés. C'est bien que nos pairs se méfient de nous, et pensent que nous ne sommes pas au niveau. Et ils ont raison, la plupart des universitaires de médecine d'urgence ne sont pas généralistes. Si même la faculté nous encadre, c'est que tout ne tourne pas rond dans notre petite tête.
Il y a de nombreux autres exemples, mais je ne voudrais pas être pleurnichard et réussir quand même.
Au delà de cette démonstration brillante, j'espère non seulement avoir convaincu le lecteur moyen (ou supérieur comme toi) mais également les autorités de santé et je demande solennellement la fermeture immédiate des services d'urgences  du public, qui dépensent trop d'argent, ne connaissent rien à la médecine ni à l'organisation.
Bon, j'arrête, ce n'est pas comme ça, qu'on va me proposer des responsabilités.
Ca c'est SAMI


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